Le bastion des dégradés : une vision collaborative d’un univers sous licence libre
Depuis 3 ans déjà, PVH éditions a fait le choix de publier sous licence libre. Aujourd’hui, cela représente plus de 35 ouvrages qui ont rejoint les communs. Et alors? Qu’est-ce que cela change? Pour être franc, pas grand-chose. Contrairement à ce que certains contradicteurs prédisaient, il n’y a pas eu moins de ventes de livres. Au contraire, cela nous a permis d’atteindre de nouveaux publics et de nous démarquer des autres maisons d’édition.
Notre manière de travailler n’a pas vraiment changé. Malgré la facilité offerte par la licence libre, nous n’avons pas vu beaucoup de reprises de nos œuvres, du moins pas de manière significative. Il y a bien eu le livre audio de Place d’âmes et d’autres surprises que nous espérons partager prochainement, mais rien qui change fondamentalement la vie éditoriale de PVH éditions.
Ce constat ne me surprend pas. J’espérais tout de même susciter des traductions libres de nos ouvrages, ça n’a malheureusement pas été le cas. Dès la libération de notre catalogue, je ne m’attendais pas à voir affluer les adaptations externes. Les ventes de nos livres restent complètement anecdotiques face aux best-sellers et aux grosses productions culturelles anglo-saxonnes. Pourquoi s’embêter à reprendre des textes et des univers aussi confidentiels? Ça se comprend.
Mais libérer notre catalogue n’était que la première étape, elle nous a permis de prendre nos marques, de nous faire connaître et d’éduquer notre lectorat aux principes de la licence libre. Notre ambition est de créer un univers populaire et collaboratif sous licence libre: un «Harry Potter», un «Star Wars» ou un «Seigneur des anneaux» libre (toute proportion gardée, évidemment). C’est ainsi que notre décision de publier sous licence libre prend tout son sens, révèle tout son potentiel.
C’est là que Le bastion des dégradés intervient. C’est la deuxième étape.
Le bastion des dégradés
Nuances de Morceterre – Un projet pensé pour la licence libre
Il y a deux ans, un an après avoir libéré notre collection Ludomire, j’apprenais qu’un espace consacré à la fantasy, parrainé par John Howe, directeur artistique des trilogies du Seigneur des Anneaux et du Hobbit, allait ouvrir dans notre bonne ville de Neuchâtel: La Tour du Fantastique.
Immédiatement, j’y ai vu une opportunité pour y développer un projet éditorial, réfléchi dès le départ comme un univers libre et collaboratif. Après avoir obtenu le concours de John Howe, j’en ai parlé à cinq de nos auteurices confirmés qui étaient prêts à relever le défi: écrire un livre qui poserait les bases d’un univers fertile aux contributions.
Je ne reviendrai pas sur les deux années d’écriture collaborative et de travail éditorial qu’a nécessité le projet, Julien Hirt l’a déjà fait avec brio sur son blog. Je préfère vous partager les aspects stratégiques et ma vision du projet.
Pour faire un roman populaire, le plus important c’est … suspense … d’être lu. Un livre ne doit pas louper son lancement. Dès la sortie, il doit susciter la curiosité et l’intérêt. La prestigieuse contribution de John Howe et le lancement de la Tour du Fantastique y participent bien évidemment, mais la réputation d’auteurices et d’une maison d’édition confirmés sert de socle pour trouver dès le lancement le lectorat qui découvrira l’œuvre et qui en parlera autour de lui.
Pour être lu, il faut également que le livre soit beau et que le texte soit bon. Nous avons beaucoup travaillé, nous n’avons rien négligé et ça a payé. Nos premiers lecteurs louent la beauté du livre et la qualité de l’écriture.
Le livre est sorti en novembre et nous avons déjà vendu plus de 1'000 exemplaires. C’est la meilleure vente à sa sortie pour PVH éditions. Nous nous en réjouissons mais le chemin va être encore long, très long. Nous avons bénéficié d’un accueil fantastique en Suisse romande: librairies, salons littéraires (trois des auteurices ont été invités au Salon du Livre de Genève), mais le reste de la francophonie reste à conquérir. Nous espérons surfer sur ce succès initial pour attirer l’œil de Sauron sur nous et sur notre démarche participative. Nous y travaillons mais c’est loin d’être évident.
Car à présent, le succès de notre univers ne dépend plus vraiment de nous. Nous avons mis les conditions cadres pour son émergence, mais nous avons besoin à présent du bouche-à-oreille, de l’implication des lecteurs et SURTOUT de contributeurs. C’est ainsi que nous pourrons enfin mesurer l’impact de la licence libre sur un projet prometteur.
Venez co-construire la Morceterre promise du libre!
Lors du vernissage du roman Le bastion des dégradés à la Tour du Fantastique, nous avons annoncé nos plans pour la suite. Nous avons lancé un appel à contributions pour toutes celleux qui veulent apporter leur pierre à l’édifice.
Tout d’abord, nous avons annoncé l’ouverture d’un wiki collaboratif pour construire une encyclopédie de l’univers que nous allons construire avec toutes les bonnes volontés: Nuances de Morceterre.
Ensuite, nous avons lancé un concours de création jusqu’au 11 juillet 2026. Il est doté d’un prix de 1500 CHF que nous répartirons entre tous les créateurs retenus. Tous les détails sont sur notre site. Nous espérons ainsi stimuler la créativité de nos lecteurs et étoffer le corpus d’un univers commun et libre.
La balle est à présent dans votre camp, partagez notre projet, notre roman, notre wiki et notre concours. C’est ainsi que nous pourrons élever la licence libre dans la cour des grands. En tout cas, nous nous y croyons.